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                 Ouvrage collectif sur Marilyn Monroe, publié en 2012

                         Editions Les Cahiers de l’Egaré – 18 euros

  

36 auteurs - 18 femmes et 18 hommes - ont écrit 50 ans après la mort de Marilyn Monroe morte en 1962, à l'âge de 36 ans. 

Ce sont des textes courts, sous toute forme littéraire, certains sont écrits en russe, italien, bulgare…

 

Marilyn Monroe

 

   Extrait de ma contribution :

                              

                                JULES ET ALFRED

 

Ils l'auraient aimée Marilyn, ils l'auraient comprise, eux. D'accord. Là, cinquante ans après, ça fait chic de se draper en noble consolateur, extatique devant l'icône, trompettant la main sur le cœur que la belle est une sainte. Fonctionnaires de l'amour dans la vraie vie, en voilà qui se hissent religieusement jusqu'aux hanches froides de Marilyn et suffoquent d'orgueil. « Marilyn, une idole, une sainte !» Il est vrai... Reconnaissons que Marilyn a quelque chose de Blandine offerte aux lions. Sans trop de contestations, elle a laissé les fauves en paillettes la broyer avec courtoisie, quitte à avaler des barbituriques après leur départ. Gentille, Marilyn. Elle boit, elle se drogue, elle dépense un bout de sa fortune chez un psy qui a le narcissisme en rut, elle endure solitude et mal-être mais globalement elle fout la paix aux hommes. Elle est docile. L'ami qui la viole d'un air naturel comme si le fait qu'elle soit une bombe sexuelle permettait tout, elle n'en fait pas une histoire. Quand elle chante au bord de l'évanouissement orgasmythique pour un parterre de gentlemen, on la regarde se consumer toute seule sur une estrade, ardemment désespérée, torride maîtresse de l'homme le plus puissant de la planète, aphrodisiaque de luxe pour les politiciens comme elle l'a été pour les soldats en Corée, on la regarde et hop, on rentre chez soi. Marilyn boira et s'autodétruira encore un peu plus, pas grave. L'essentiel est que Marilyn n'hurle pas comme un homme défiguré par la douleur, pouah ! Et qu'elle se soumette. Elle a appris à embellir la souffrance, d'ailleurs. Elle maîtrise la sophistication. Marilyn a intégré grâce au mode culturel ambiant, ou civilisation faut voir, qu'une femme meurtrie doit continuer à sourire. Une femme qui réclame un peu de conscience, un brin de justice ou de responsabilité face aux courtisans qui n'en sont pas moins des hommes - êtres humains s'entend-, cette femme un peu trop raisonneuse ou exigeante serait sur le champ décrétée méchante ou hystérique. Le champ du déshonneur bien sûr. Il faut donc charmer, encore et toujours charmer, jusqu'à épuisement des forces certes, mais au moins la mort advient sans pointer personne et en beauté. La mort ainsi est féminine. La pétrification de la docilité. La porte ouverte sur la canonisation. Amen.    ……………..

 

 

Commandable en librairie .

Ou envoyer un chèque de 20 euros frais de port compris en précisant le  titre de l'ouvrage : Les Cahiers de l'Egaré,  669 Route Colombier , 83200 Le Revest-les-eaux - tél 04 94 98 11 63 

mail : egare@les4saisonsdu revest.com

 

  

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  • : Isabelle Bournat
  • Isabelle Bournat
  • : Un aperçu de mes pièces de théâtre et autres écrits pour aller plus loin, lire et découvrir et partager...
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  • Isabelle Bournat, auteur.
  • Théâtre et poésie, l'insurrection et la célébration, le verbe fervent et le presque-silence. Pour se relier aux autres et partager le Tout et le Rien.
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Citation préférée

"Si vous n'engagez pas votre vie,

jamais la vie ne vous appartiendra" : Schiller