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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 21:38

C’est tout nouveau, c’est paraît-il l’évolution du monde, le goût de l’époque, voilà que la publicité s’est imposée là où je nichais avec délectation les informations quant à mes activités poétiques et théâtrales ! Damned ! Le choix ne se pose pas : pour poursuivre l’information sur ce site, il faut supporter quatre encarts publicitaires. Ma clairière est en partie masquée, les pavés de promotions envahissent les espaces entre mes pièces de théâtres et autres écrits. Sans trop savoir encore ce qu’il en sera prochainement, mieux vaut pour l’heure relire une simple fable de La Fontaine… Pas rentable, pas efficace ? Juste la liberté… la liberté…

Un Loup n'avait que les os et la peau,

Tant les chiens faisaient bonne garde.

Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,

Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.

L'attaquer, le mettre en quartiers,

Sire Loup l'eût fait volontiers ;

Mais il fallait livrer bataille,

Et le Mâtin était de taille

À se défendre hardiment.

Le Loup donc l'aborde humblement,

Entre en propos, et lui fait compliment

Sur son embonpoint, qu'il admire.

« Il ne tiendra qu'à vous beau sire,

D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.

Quittez les bois, vous ferez bien :

Vos pareils y sont misérables,

Cancres, hères, et pauvres diables,

Dont la condition est de mourir de faim.

Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée ;

Tout à la pointe de l'épée.

Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. »

Le Loup reprit : « Que me faudra-t-il faire ?

- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens

Portants bâtons, et mendiants ;

Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :

Moyennant quoi votre salaire

Sera force reliefs de toutes les façons :

Os de poulets, os de pigeons, sans parler de mainte caresse. »

Le Loup déjà se forge une félicité

Qui le fait pleurer de tendresse.

Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.

« Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.

- Mais encore ? - Le collier dont je suis attaché

De ce que vous voyez est peut-être la cause.

- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas

Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?

- Il importe si bien, que de tous vos repas

Je ne veux en aucune sorte,

Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. »

Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encore.

 

 

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 17:43

Création de La rose jaune au Festival d’Avignon du 5 au 27 juillet, à 12h05, durée 1h20. Théâtre La condition des soies - 13 rue de la croix.  Réservations par tél : 04 32 74 16 49. 

Ce que dit la presse, extraits :

Un merveilleux texte, interprété avec brio et des idées de mise en scène géniales. Une des meilleures surprises du Off 2014 - Vaucluse Matin.

C'est le retour du lyrisme, du langage... Magnifique ! Avec du rap et aussi de la danse, des acteurs étonnants... Assez étrange et extrêmement fort - Le masque et la plume, France Inter. 

Dans « La rose jaune », d’Isabelle Bournat, mise en scène de Jacques Connort, on sort du clair-obscur pour la lumière de la vie, de la liberté, de l’amour, de la beauté, de la musique, de la transe. La pièce, qui utilise la vidéo à bon escient, se clôturera par une communion collective de tous les acteurs, comme s’ils étaient envoutés par la prière éthique qu’inspire le théâtre.  Marianne, Jack Dion.

 Voilà une auteure qui croit au lyrisme et à la passion, les associe à la pensée politique et ne craint pas le romanesque poétique. Cette belle oeuvre a rencontré l'équipe qu'il lui fallait. Un fort beau conte moderne. Politis, Gilles Costaz.

Mise en scène : Jacques Connort.  Assistante mise en scène : Lucia TrottaAvec : Nathan Willcocks, Capucine Demnard, Kristof Florion, Jessica Monceau, le danseur Michel Raji, le rappeur Raphaël France-KullmannVidéo et régie : Bertrand RoureRéalisation images : Yvan Duffas Musique : Raphaël EligCostumes : Isabelle DeffinLumières : Orazio Trotta -Photographie : Brigitte Enguerand     

 Vaucluse Matin

Célie est une jeune médecin tourmentée par les questions de bioéthique. Elle reporte son malaise sur son mari jusqu'à sa rencontre avec un étrang e vendeur de roses nommé Théo. Emblème de la liberté, Théo ranime élan et confiance. Il brouille les pistes entre la réalité et le songe, annule les frontières entre la matière et l’esprit. Il entraîne Célie ainsi que tous les protagonistes dans une autre vision du monde, invitant chacun à poétiser la vie. Il ne reste plus qu'à se jeter dans la danse, celle de la palpitation qui se manifeste en chacune des substances de l’univers... La pire folie de l’homme serait peut-être de ne pas tournoyer avec enthousiasme, soumis joyeusement à la splendeur triomphante du principe de vie. Avec vidéo, danse et musique, un tourbillon en crescendo poétique. 

Pièce parue aux Editions Les Cygnes. 10 e

 "La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu’elle fleurit, N’a pour elle aucun soin, ne demande pas : Suis-je regardée ?"  Angelus Silesius (1624-1677). Cette phrase a été au cœur de ce qui a nourri mon écriture.


photo prise par Brigitte Enguerand            Livre RJ

photo Rose

   

 

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 19:51

En février 2014, s'est produit un des plus grands moments de théâtre à la MC93 de Bobigny :

"Alexandre Onéguine" de Pouchkine portée sur la scène par Rimas Tuminas du Théâtre Vakhtangov.

"Et le bonheur était si proche, si possible..."Ce sont les derniers mots du roman en vers de Pouchkine, le roman dont la plupart des Russes connaisssent des extraits par coeur, tant cette oeuvre romantique, lumineuse, déchirante et bouleversante, grondante de l'ivresse de l'amour et parsemée de subtile ironie, est un monument de la littérature. Eugène Onéguine est un dandy qui sème le désaccord où règne la quiétude et se pose en homme cruel quand la vie lui sourit. Pour occuper son temps de jeune désabusé, il accepte une invitation de se rendre à la campagne chez une famille accueillante, les Larine. Enflammée, amoureuse au premier coup d'oeil, la soeur cadette nommée Tatiana écrit dès le lendemain une lettre passionnée à Onéguine. Celui-ci la dédaigne mais pour mieux tromper sa lassitude, pour mieux se divertir, il choisit de travailler à ruiner le lien entre Olga, la soeur aînée, et le poète Lensky. C'est alors un plus célèbres des duels de roman qui advient et sonne le drame : Lensky est tué, Onéguine quitte la ville. 

Des années plus tard, il retrouve Tatiana, mariée à un vieux général mais l'aimant cependant toujours passionnément. Onéguine ouvre les yeux et se rend compte brutalement du bonheur qui lui tendait les bras. Pressé, voulant vite saisir ce qu'il peut peut-être encore vivre, il écrit lettre sur lettre. En vain. Trop tard. Tatiana verse des larmes sur les lettres de celui qu'elle ne cessera d'aimer, mais c'est trop tard...

Le metteur en scène russe Rimas Tuminas a adapté ce roman avec une grâce, une féérie et un humour portés au plus haut. Avec sa troupe du Théâtre Vakhtangov, il est venu de Moscou au début de l'année 2014 pour offrir ce vertige inoubliable sur la scène du théâtre de la MC93 de Bobigny. Parmi tous les acteurs époustouflants, dont l'agilité des corps et la souplesse des coeurs confinent au rarissime, il y avait Galina Konovalova, 97 ans, et Yuliya Borisova, 88 ans, qui sont des stars en Russie.

La finesse et le lyrisme du jeu, le tourbillon de danse et de musique, la poésie des tableaux, le chant bouleversant de la langue russe ont produit un miracle de théâtre. 

Trois heures ont suffi à dérouler l'extravagance de l'âme humaine, sa folie, sa passion, la frivolité qui laisse s'enfuir la vie, tandis que le rêve brûle toujours en la mémoire, à vif autant que le désespoir. Un souffle sublime a passé sur la scène avec la troupe venue de Moscou et les vers de Pouchkine.

Où que vous soyez, si vous voyez passer ce spectacle, courez-y... 


 http://www.dailymotion.com/video/x10r9u9_2013-14-eugene-oneguine-theatre-vakhtangov_creation

Pouchkine Pouchkine est mort en duel à 37 ans, en 1837, peu de temps après avoir terminé son roman.


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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 12:01

...Le lundi 24 mars...

L’amour d’écrire en direct : une soirée d’écriture en direct conçue et réalisée par Marc-Michel Georges, auteur chanteur comédien.
                                       MMG

« J'ai toujours regretté que ces soirées n'existent pas alors je les ai inventées », dit Marc-Michel Georges. "La littérature, puis l'écriture m'ont sauvé, alors que j'allais étouffer, m'éteindre. Depuis, je crois à leurs vertus contre tous les désespoirs.". MMG 

4 auteurs, appelés les écrivants, sont invités à écrire en 7 minutes à quatre reprises au cours de la soirée. Le public attend leurs textes écrits dans l’effervescence et pendant ce temps, chanteurs et humoristes se succèdent sur la scène du Pan Piper.

Les écrivants du 24 mars 2014 : Nicolas Arnstam, Benoit Rivillon, Clotilde Salmon et Camille Solal gagnante élue par le public de ce soir-là.

L'humoriste : Xavier Adrien Laurent, un mini concert de Lou di Franco, la marraine de la soirée : la comédienne Géraldine Danon, le chroniqueur de fin de soirée qui se livre à l’exercice d’une analyse amusante et fouillée : François Thomas, philosophe et metteur en scène.

Et en fin de soirée, quand tout le monde part se coucher, un écrivain écrit un compte-rendu à chaud de la soirée afin de le diffuser dès le lendemain. Auteur de la soirée du 24 mars :Isabelle Bournat  ! Voici le texte que m'a inspiré cette soirée inhabituelle :

                                           Les cris, le vent

Ecrire en direct, c’est presque le contraire d’écrire. Ecrire en direct, c’est le spectacle de l’écriture, le donner à voir de l’écrivain, le geste d’écrire qui se fait regarder. Ecrire, c’est plutôt le retrait malgré des présences, la mise en solitude même si les autres vous attendent ou vous épient, c’est le recoin imprenable où se dit ce que l’on ne sait pas ce que l’on a à dire. Et pourtant, la soirée au Pan Piper a tenté ce pari: demander à des auteurs de devenir écrivants, de se livrer en tant qu’auteurs au moment même où ils écrivent, quand l’acte est en train de se dérouler. D’où le participe présent. Ecrivant. Ils se sont donc lancés, les écrivants, répondant au doigt et à l’œil, mobilisant leurs cerveaux sous les encouragements du public et maniant la plume sous les consignes du maître d’œuvre. Minutage, chronomètre lancé. Ah… Mais où vont-ils ? Voici que les écrivants disparaissent tout de même ? Ils vont se mettre à l’écart, s’éloigner on ne se sait où, pendant que le public est sous le charme d’une chanteuse et d’un humoriste. Les écrivants ont droit à quelques minutes hors de nos vues. Ces minutes, elles sont les invisibles de ce direct, les écoulements de sablier qui autorisent les ratures, les angoisses, la sécheresse, la fièvre dont on ne saura rien. Ces minutes sont celles de l’écriture au bord du précipice. Celles qui vont distordre les consignes et les envoyer dans des contrées inattendues. Quand ils reviennent sur scène, les écrivants ont un cahier avec des gribouillis dessus. Ils ont écrit dans la hâte, dans un direct flou, à peine biaisé, un direct décalé sur quelques mètres, un direct à l’ombre dans la simultanéité de l’attente du public chauffé. Se lancent-ils dans une arène ? Non. Ils se risquent parmi des spectateurs stimulés et stimulants, attentifs et admiratifs. Les auteurs se risquent toujours certes, ils se risquent face à leurs propres vertiges et sous la menace de leur propre folie, mais là ils se risquent inhabituellement avec leurs corps, comédiens d’un moment, auteurs sous observation. Ils se montrent en même temps que leurs textes, ils dévoilent leurs yeux et leurs gestes, là, devant la salle fixée sur eux, au moment même où ils devraient s’effacer, au moment même où ils devraient se cacher derrière les lignes et offrir l’allure des phrases plutôt que la leur, au moment même où ils devraient aller se balader ailleurs laissant leurs récits vivre leur vie à eux, voici qu’ils doivent rester là, debout, sous les curieux qui guettent leurs mots. Et ce n’est qu’un début ! Il leur faudra ensuite écrire en restant sur l’estrade, assis sur un haut tabouret, tenir plus d’une minute le stylo qui prolonge la première phrase imposée. Moment de suspens, défi relevé. Ils l’on fait ! Imagine-ton un amant rédiger sa lettre sous les yeux de sa maîtresse ? Non, l’amant l’aura écrit loin d’elle, dans le décalage d’un espace-temps qui fait réflexion. Les écrivants sont le temps d’une soirée des épistoliers sous le feu des destinataires. Il leur faut de l’audace, le goût du paradoxe, le sens de l’affrontement. Et du rire, du rire, du rire. Il y en a, il court à travers les pages, il fragmente la lecture, il vient aussi de la salle, il délivre l’auteur, il le soutient, le rire se communique, circule du public au plateau, il se mêle aux mots, puis le rire se tait soudain, vaincu par l’écrit, par une narration, par l’émotion d’une improvisation textuelle. C’est tout cela, écrire en direct, c’est ce contresens de l’écriture le temps d’un soir qui donne à comprendre le sens de l’acte d’écrire, qui peut durer toute une vie. C’est l’étirement de l’acte d’écrire et sa condensation, à l’image de l’accordéon de Marc-Michel Georges qui ouvre le bal des mots. Car Marc-Michel a commencé en musique. Il a déplié ses mélodies au son d’accents suaves, il a longé les tessitures avec des vibratos presque secrets, discrets, il a chanté avec un flot d’humour traversé de saccades qui vous font frémir, vous attrapant l’épiderme et le cœur sur une modulation vocale en glissando. Il sait donner confiance aux auteurs et au public. Après sa musique, les quatre auteurs, quatre styles, quatre voix, quatre audaces et quatre talents, peuvent se lancer et offrir une page, deux pages, trois pages….Et des applaudissements sans nombre ! C’est si rare que les auteurs soient applaudis ! Voilà, c’est fait, c’est réussi, et c’est à poursuivre. La vibration partagée entre l’auteur et ses lecteurs a lieu en direct et c’est une expérience chaleureuse, généreuse, inventive.

Isabelle Bournat

 

 

         Pan Piper


           Les"écrivants" du 24 mars 14 : Clotilde Salmon, Nicolas Arnstam, Camille Solal, Benoît Rivillon.

 

 

 

 

 



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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 20:27

Prochainement : Signature de La passion Richelieu, le lundi 5 mai dès 18h 30 à la Librairie Théâtrale, 3 rue de Marivaux Paris, entourée de plusieurs auteurs, dont Gilles Costaz et Jean-Claude Carrière. 

                      La passion Richelieu est sortie aux Editions Tertium 

La Passion Richelieu

Le jeune Armand Jean Du Plessis de Richelieu se plaint de ses furoncles et supplie Dieu de lui offrir la France. Son vœu est vite exaucé, mais même devenu Cardinal sa santé reste fragile et ses accès de peur demeurent excentriques. On le voit osciller entre les injonctions tyranniques de Marie de Médicis et les chuchotements de Monsieur Gardien, personnage fictif qui incarne sa face cachée. Quand on a peur, c’est bien connu, mieux vaut adopter un air sûr de soi pour ne pas être dévoré… Cette pièce est l’observation de ce double jeu, la folie des grandeurs et l’ambition du rayonnement de la France entremêlés à une enfance assombrie. S’il n’avait été désemparé par une perte affective, Richelieu se serait-il emparé comme nul autre du pouvoir et sa descendance coulerait-elle dans les veines de l’Etat ?

La passion Richelieu a été créée en 2000 par le metteur en scène Christian Blain avec Raphaël Duclos dans le rôle-titre.

 Extrait :

Père Joseph - Vous vouliez vous débarrasser de La Médicis, c’est fait, elle est loin ! Vous avez conduit en prison la plupart de vos ennemis, vous avez infiltré d’espions tous les milieux, vous avez condamné à l’exil Madame de Chevreuse puis torturé le comte de Chalais, le duc de Montmorency a été exécuté et même Cinq-Mars qui bénéficiait de tant d’appuis a eu la tête tranchée. Monsieur de Thou aussi... Égorgé pour être plus exact, une vraie boucherie... Alors tout de même, vous exagérez ! Vous n’allez pas tuer tout le monde pour votre tranquillité.

 Richelieu - Non, non, je vous supplie de vous taire et de m’épargner ce chapitre, arrêtez, arrêtez ! Pour ne plus déranger personne, je vais démissionner. Je laisse ma patrie à son sort, j’ai fait ce que j’ai pu, Dieu m’est témoin qu’il m’en a coûté de recourir au crime ! Que de tourments j’ai endurés pour qu’un jour, on puisse dire partout sur la terre : « C’est en France que grandit la liberté, c’est en France que l’homme naît sous les auspices d’un État souverain, c’est en France que l’esprit curieux s’élève ! » J’ai souvent peiné voyez-vous, je me suis découragé puis j’ai persévéré. Qu’ai-je gagné, moi, Armand-Jean du Plessis de Richelieu ? Des abcès et encore des abcès !

Père Joseph - Oui, je sais, la reine vous appelle “le cul pourri”.

. Prix : 14 euros.  Commandable en librairie et sur Amazon. Distributeur  et comptoir de vente : SPE 171 rue de la Convention ouvert tous les jours sauf le dimanche de 8 à 16 h

                                                    ****

    Cessez-le-feu 19 mars 1962, aux Editions Alfabarre

Voici une évocation collective du cessez-le-feu qui marqua la fin de la guerre d’Algérie, laquelle n’ose pas même dire son nom, son nom de guerre.  Plus de cinquante ans après, avec plus de quarante auteurs réunis, se croisent des regards d’appelés, de combattants, de témoins, d’artistes et de poètes d’hier et d’aujourd’hui.     

Alfabarre

Extrait de ma contribution intitulée Les ors du silence : 

 

(…) Là, entre les orangers et les citronniers, couchés dans les parfums acides, ils ont bouleversé l’ordre des choses. Ils sont rapidement devenus les amoureux les plus célèbres de la ville. Ali connaissant très peu les contes de fée avec des princesses, Martha l’a bercé d’épopées galantes à l’européenne. Puis, Martha ignorant les légendes arabes, Ali l’a envoûtée en lui racontant des histoires de seigneurs des dunes et de nymphes des oasis. Leur chevauchée ne s’est jamais arrêtée. Ils avaient toujours quelque chose à s’apprendre, une musique à se chanter, un songe à s’offrir. Ils vivaient en permanence dans l’euphorie de leurs fiançailles tellement décriées, qu’elles les avaient dotés du privilège du bonheur. Imperméables à ce qui n’était pas de l’ordre de l’amour, ils semblaient investis de la grâce.( …)  

 

Sous la direction de Nicole Barrière, Denis Emorine, Philippe Tancelin et Chekib Abdessalam

Prix : 27 euros.

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 15:08

 Au Square du Temple, 2e arrondissement...

 

                               CHEVALIERS

 

Jardin sédatif pour les dimanche incolores

Attelé au logis des citoyens serviles,

Canards compris, le climat est plutôt tranquille.

Quelques gosses, pas sauvageons, sous les hêtres

Ululent. Entre pigeons obèses, des amoureux

Elaguent leur avenir et un type pouilleux

Sur le banc a pris place au milieu des dahlias.

 

Dommage! "A lui tout seul, il occupe le banc,

Etendu au soleil, comme chez lui, le mendiant…",

 

Marmonnent des vieux repus au désert de leur temps.

Oh ! Riche époque aux bûchers indolores !

Le soufre est sous vos pieds. Les trésors des combats

Anciens  enfouis. Retournez la terre… Peut-être

Y repose la sève de nos adoubements ?

 

 

                                                                                         Isabelle Bournat

 

 

 

 

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 17:01

 

J’me demande si on va passer à la semaine de trente heures pour qu’enfin tout le monde ait du temps libre pour faire du théâtre ou de la danse ou de la musique, pour créer et s’amuser, s’étonner et se surpasser

J’me demande si Rodrigo Garcia nommé à la tête du Centre Dramatique de Montpellier ne va pas perdre sa belle tête de franc-tireur

J’me demande si l’on peut représenter le mirage du temps ailleurs que dans un théâtre désert

J’me demande si les élèves qui ont écrit une lettre au ministre pour se plaindre de Daniel Mesguisch vont devenir des comédiens à la grande gueule ou de tristes commis fonctionnaires

J’me demande ce que serait devenue Roxane si Cyrano avait été en atelier d’écriture

J’me demande si Ayrault ira voir Depardieu au théâtre Antoine dans Love Letters, mais il devrait y aller

J’me demande plus si le prix des places dans le théâtre public va baisser

J’me demande pourquoi on fait pas du théâtre pour vieux public comme on fait du théâtre pour jeune public, du théâtre par tranche d’âge ou catégories diverses pendant qu’on y est

J’me demande si les adaptations de films, romans, récits, ça va encore proliférer ou pas, parce que « les escaladeurs de cimetière » comme disait Félix Fénéon, y’en a déjà beaucoup 

J’me demande si Roméo Castellucci va encore faire des merveilles explosives, et Angélica Liddell et Stanislas Nordey, Joël Pommerat et Anja Hilling, Laurent Fréchuret et tous les autres qui font des merveilles explosives, et ils sont nombreux

J’me demande si on va encore entendre que la culture endigue la barbarie alors que parfois c’est le contraire, elle permet à des barbares de justifier leur barbarie par des théories

J’me demande si cogiter au théâtre n’est pas un socle civique parce qu’à force de gîter en regardant tous dans la même direction on apprend à vivre ensemble

J’me demande comment dire à quel point Sarraute, Beckett, Dubillard, Koltès et beaucoup d’autres sont de nécessité vitale

J’me demande si on va continuer à filer des intérêts aux banques qui ont fichu le grand bazar ou si on va tous se tirer ou juste dire aux banques qui ont fichu le grand bazar qu’elles peuvent courir pour toucher des intérêts parce qu’on préfère construire des théâtres

J’me demande si la vente du théâtre de l’Ephémère  ( structure en bois qui a permis à la Comédie-Française de fonctionner pendant les travaux ), à la Lybie pour quelques millions, va apporter sa pierre aux tentatives de pacifier durablement le pays

J’me demande si on n’assisterait pas à un grand binz de la part de l’intelligentsia de tous bords si le Directeur du Festival d’Avignon se définissait comme «  homme de théâtre, musulman, hétérosexuel » je dis ça parce que Olivier Py s’est défini dans Le Monde comme « homme de théâtre, chrétien, homosexuel» personnellement no problem ni avec l’un ni avec l’éventuel autre

J’me demande si le théâtre va se réinventer

J’me demande ce qui se passe dans la tête de Muriel Mayette qui a donné un si beau coup de fouet à la Comédie-Française et qui s’en prend un en retour

J’me demande quel est celui ou celle qui n’a pas écrit au Ministre pour se plaindre de Muriel Mayette

J’me demande ce que se demandent tous les autres

J’me demande combien d’inconnus à ce jour seront les pépites du théâtre qui vient

J’me demande toujours comment arriver à lire Jean Genet sans avoir la vue brouillée tant la beauté arrache les larmes

J’me demande ce qu’écrirait Racine aujourd’hui

J’me demande si Molière ne ferait pas plutôt des films

J’me demande si le plus grand théâtre du monde ne vaut pas un tréteau de fortune

J’me demande si les directeurs ne devraient pas investir un peu plus ou un peu moins dans le bar du théâtre, parce que le bistrot c’est l’assemblée du peuple (Balzac) mais il ne faudrait pas que la salle devienne le sénat

J’me demande si les acteurs qui jouent la comédie savent qu’ils sont des militants de l’authentique

J’me demande pas si Labiche et Rostand continueront à faire rire et pleurer parce qu’ils continueront

J’me demande pourquoi on joue si peu la puissance des ténèbres de Tostoï et les pièces de Camus

J’me demande si le théâtre va se mettre à jouer les auteurs vivants à fond les manettes

J’me demande où les auteurs vivants vont chercher ce courage de tenir quand tant de théâtres s’évertuent à jouer les morts

J’me demande si le théâtre ne devrait pas être reconnu comme cours de sophrologie pour ceux qui vivent en apnée

J’me demande si la folie du théâtre est une des raisons de la dérision ou si c’est une risée de la déraison

J’me demande si le théâtre au service de l’entreprise c’est pas comme Don Juan en stage de développement personnel

J’me demande si les oies des neiges sont des oies blanches comme les autres.


         *********

Chronique parue dans BAT - Le Billet des Auteurs : 

 http://www.lebilletdesauteursdetheatre.com/fr/Resonance-26.html

 

....Heureuse année 2014 !

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 10:30

Le P'tit Ecrivain m'a fait le plaisir de mettre en ligne un commentaire sur une de mes pièces. C'est un site littéraire qui saisit les auteurs contemporains, notoires ou peu connus, en parle et s'y intéresse avec beaucoup d'attention et de finesse. L'équipe va en profondeur, se penche sur les mots et la littérature avec amour de l'écrit et de ceux qui s'y donnent. Un site que je vous recommande !   http://www.le-ptit-ecrivain.fr/index.html

Dernières lectures, archives du P'tit Ecrivain

Isabelle Bournat : Résidence Beaurivage

Commentaire : Triste réalité que pointe du doigt Isabelle Bournat. La maison de retraite est un chiffre d'affaire, un commerce, un business. Et quelle savoureuse façon de pointer du doigt les travers de notre société ! Cette pièce de théâtre vous fera éclater de rire plus d'une fois. L'on vit chaque scène comme si celle-ci se jouait déjà devant nous. L'on s'imagine au milieu de ces petits vieux tous plus attachants les uns que les autres, séniles, résistants, nostalgiques, sourds, gais, obsédés, déprimés, intrépides, avertis, malins, farceurs, rêveurs, soucieux de la maladie, dans ce lieu où tout le monde se parle mais où bien souvent personne n'écoute ou n'a le temps d'écouter. A quelques exceptions près ! Là où il y a perte d'humanité, il y a heureusement des personnes pour résister. La résidence marche comme une entreprise : productivité, manque d'effectif, économie, profit, pénibilité du travail, contrat, satisfaction client... ou pas, etc. Les résidents sont une marchandise. Page 46 : "Dites à l'infirmière de vérifier, la famille est pointilleuse." Dans cette machine infernale quotidienne, les employés se font bousculer, face à une Directrice qui ne prend conscience que d'elle-même. Et au milieu de tout ce charivari, nos petits vieux vont en rajouter et les rendre chèvre pour notre plus grand plaisir. Isabelle Bournat dépeint parfaitement ce que la société réserve à nos petits vieux. Nous faisons de leur fin de vie une salle d'attente dans le cabinet de la mort. Ils ont été jeunes, ils ont été à notre place, nous serons un jour peut-être à la leur, dans une résidence Beaurivage où l'humain n'a que peu d'importance. Une pièce vivante qui pousse à la réflexion. Pas seulement sur le sort de nos retraités. (Editions Les cygnes) 

Stéphanie Cordonner, Présidente du P'tit Ecrivain

Comédie Résidence Beaurivage

 

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 14:08

C’est une femme qui ose prendre la plume et écrire du théâtre militant, engagé, subversif. Elle s’appelle OLYMPE DE GOUGES et nous sommes au XVIIIe siècle.

Cette femme hors normes fait de la politique, elle s’engage pour l’émancipation des peuples, elle est pionnière de l’égalité des races et des sexes. Née en 1748 à Montauban, elle est mariée à seize ans et a un fils. Veuve, elle décide d’aimer dans la liberté en se passant désormais de mariage. Installée à Paris, elle veut exprimer ses idées et  monte sa propre troupe de théâtre. Elle écrit L’esclavage des Noirs, pièce plus qu’audacieuse sous l’Ancien Régime puis qui entre au répertoire de la Comédie Française.

Républicaine, Olympe de Gouges s’oppose à la mort du Roi et à toute violence d’où qu’elle vienne. Dénonçant la dictature et les atrocités de Robespierre, elle est guillotinée en novembre 1793 à l’âge de 45 ans.

                                     **************************************

ZAMORE ET MIRZA , OU L’HEUREUX NAUFRAGE.

Drame Indien.

Pièce en trois actes et en prose

 Cette pièce met en scène des Indiens, un gouverneur de colonie, un intendant d’esclave, un gentilhomme…

 

Extrait

MIRZA - Je serais bien contente d’être aussi instruite que toi. Mais je ne fais que t’aimer.

ZAMORE - Ta naïveté me charme ; c’est l’empreinte de la nature. Vas cueillir des fruits ! Je vais faire un tour en bas de la côte pour y rassembler les débris de ce naufrage. Mais, que vois-je ? Une femme qui lutte contre les flots.  Je vole à son secours : l’excès du malheur doit-il dispenser d’être humain ? Il descend du côté du rocher.

 

Scène 2

MIRZA - Zamore va sauver cette infortunée… Si elle allait nous trahir, pour prix de nos secours ? Ce serait bien méchant. Mais je fais mal de croire cela et ce n’est pas bien d’avoir des soupçons. Il faut chasser cette mauvaise idée : allons tout préparer pour le retour de Zamore.


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Olympes de Gouges a écrit près d'une vingtaine de pièces de théâtre : Le marché des noirs, La nécessité du divorce, L'homme généreux, Le philosophe corrigé ou le cocu supposé, Les démocrates et les aristocrates ou les curieux du Champ de Mars, La France sauvée ou le tyran détrôné... 

Elle est aussi l'auteur de nombreux écrits politiques : Le cri du sage par une femme, Lettre au Peuple ou projet d'une caisse patriotique par une citoyenne, Le bonheur primitif de l'homme, Le tombeau de Mirabeau, Les droits de la femme, Observations sur les étrangers...

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 14:05

Au bar du Théâtre de Poche, le lundi 7 octobre à partir de 19h

 Venez écouter des extraits de « Mercenaires et rédemption » mise en lecture par Catherine Decastel avec Benjamin Penamaria, Antoine Herbez et Ariane Brousse,

A l’occasion de la sortie de la pièce Mercenaires et rédemption aux Editions Les cygnes.

Autour d'un verre !                                     Théâtre de Poche-  75 bd du Montparnasse                                                                                                                                            75006 Paris                                                                            

                                                                      *************

 

 Sortie de Dansons la farandole aux Editions Librairie Théâtrale.

Farce avec 4 personnages, cette pièce fait valser les institutions politico-financières sur un air moderne de carmagnole ! Ecrite lors de la crise des subprimes et des émeutes de la faim en 2007, elle reflète en traits satyriques des mécanismes de pouvoir actuels. Avec outrance, elle met en scène des représentants des institutions et dégage les ressorts d'une société infantilisante où citoyens et puissants sont renoyés dos à dos. Construites en miroirs, les deux parties s'enchainent en une spirale comique où le grotesque et la critique socio-politique vont joyeusement de pair.     ( Prix : 6 euros.)

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  • Théâtre et poésie, l'insurrection et la célébration, le verbe fervent et le presque-silence. Pour se relier aux autres et partager le Tout et le Rien.
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Citation préférée

"Si vous n'engagez pas votre vie,

jamais la vie ne vous appartiendra" : Schiller