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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 12:24

C'est un magnifique scintillement d'insolence élégante et d'insoumission poétique. Jean-Michel Ribes avec sa pièce Par-delà les marronniers redonne vie à trois poètes dont la fantaisie hautement railleuse et obstinée les a avivés et consumés jusqu'à en mourir le sourire aux lèvres. Il les revêt d'un bel habit pailleté à l'égal de leur esprit de dandy, il nous les offre à voir et à écouter tandis qu'en une démarche indolente ils arpentent le plateau en y croisant des danseuses et chanteuses de music-hall aussi virevoltantes et séduisantes que leurs admirateurs fous et désinvoltes. Ils s'appellent Jacques Vaché, Jacques Rigaut, Arthur Cravan. Respectivement morts à 24 ans d'une surdose d'opium, à 31 ans en se tirant une balle dans le coeur, à 30 ans disparu sur une barque dans le golfe du Mexique. Les trois se sont battus ou débattus contre la boucherie de la première guerre mondiale, les trois ont méprisé la folie destructrice et ont persiflé contre les pouvoirs et toutes formes de domination qui esclavagisent et étouffent le mince et brûlant filet de vie qui coule en chacun. Hommes pressés et désespérés sentant venir le chaos, ils ont semé des éclats qui ridiculisent ceux des obus. Ils ont résisté par la grâce des mots lancés en flèches, ils ont dressé un humour dévastateur contre les va-t-en guerre et les puissants prétentieux et dangereux. Ils ont inventé le surréalisme, aimé Jarry, moqué les gens sûrs d'eux, ri des artistes officiels et avides d'honneur, dézingué la culture sur piédestal, outragé les vertueux satisfaits et provoqué les types sérieux, ils ont brocardé les prêcheurs de toute chapelle et donneurs de leçon, démoli tous les fanatismes, que ce soit de Shakespeare ou de la morale. Renouvelant à chaque seconde leur regard d'enfant doué sur le monde, amis des " bigorneaux qui ouvrent leurs ailes de papillons", ils ont trouvé en Jean-Michel Ribes un émouvant compagnon de fête. Jean-Michel Ribes avait écrit et présenté une première ébauche de ce texte il y a des années, mais la mort de ses camarades de Charlie Hebdo a réveillé son désir de faire revenir ses poètes, inclassables et moqueurs géniaux.

C'est au Théâtre du Rond-Point à Paris jusqu'au 24 avril. Ne laissez pas filer ces étoiles filantes!

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 15:22

Il souffle un vent de modération dans les couloirs neuronaux de l'Hexagone, peut-être à cause de cet hiver un peu mou sans même une petite descente en-dessous de zéro jusqu'à ce jour, les temps sont frileux, pour commencer l'année on se gargarise de la petite cuisine du bonheur avec papy d'Ormesson, c'est sûr qu'on a eu de quoi trembler avec les cinglés tueurs qui nous ont fracassés et les frappadingues qui obligent à se rabattre sur du déjà vu dans les urnes pour éviter les extrémistes, on a eu des cata et on en frôle et on en risque encore, alors ça fiche les chocottes et on se replie, on surveille, on met des caméras, on interdit, on soupçonne, on tempère les propos et on flique les grains de folie, l'ambiance réclame qu'on soit sur ses gardes et dans le rang, j'ai même vu deux spectateurs au théâtre (subventionné par l'Etat) se faire remettre en place par quelqu'un du personnel pour cause de rire trop bruyant qui dérangeait les autres alors que le spectacle se voulait sérieux, alors dans tout ça je prône l'humeur, l'excès, les embardées, l'ivresse des sens, la parole démesurée, le volcan, le bruit, l'audace, la voix haute, le pas ferme, le bocal en ébullition, et de l'art vivant avec tous les droits à l'expression et l'insurrection côté salle et côté plateau, l'envolée de la conscience, la houle de l'esprit, le déhanchement des corps et l'inconnu au bras de la liberté; bonne année 2016 !

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 18:51

A celui qui se bat,

le vent dans les pins a manqué.

On ne tue pas son prochain,

quand on s'est enivré d'été.

Nous qui savons la vigne dorée

le son des fougères sous les pas,

Nous n'irons pas risquer combat.

On attend le printemps,

les nénuphars sur la mare en goguette

et le grillon dans l'herbe verte.

Leur sang vient des vignes refusées

des coteaux sans verdure

des collines muettes.

Ils s'entretuent par absence de vague,

ne sachant des promenades

que les chrysanthèmes en cascade,

le marbre des stèles,

le pré où tomba le frère.

Extrait de "J'ai pris frères" I.Bournat paru aux Editions Encres Vives

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 13:27

Un atelier d'écriture, c'est l'occasion de se lancer dans l'acte d'écrire. Nombreux sont ceux qui ressentent cette démangeaison au bout des doigts sans parvenir à se mettre à la tache... ou plutôt au plaisir. Car au final, c'est bel et bien du plaisir d'écrire dont il s'agit. Le fait d'être en groupe dans un cadre délimité par un auteur-animateur lâche la bride que l'on se met soi-même et encourage. La stimulation et le partage viennent favoriser et rendre plus fébrile le désir d'écrire et l'audace d'écrire. Oser ! C'est souvent cela qui freine, qui amène à repousser le moment de s'asseoir à une table alors que tant de choses se bousculent pour se coucher sur le papier. Quand plusieurs personnes, cinq, sept ou pourquoi pas dix, se retrouvent régulièrement pour vivre ensemble cette joyeuse plongée dans la page blanche qui se remplit progressivement de vagues colorées, chacune d'elles, grâce à la présence des autres et à la conduite de l'animateur, se sent canalisée et concentrée sur ce souhait profond d'écrire qui peut rester des années tapi silencieusement, gardé dans un coin de la tête ou enfermé par timidité au fond de soi. Le groupe procure une libération et fait sauter les entraves. Surgit alors l'exploration des mots mais aussi l'exploration de soi à travers les mots, la redécouverte de la littérature et des auteurs, le jeu aussi, le pur plaisir, la surprise et l'amusement ... l'aventure !

Vouloir écrire, cela peut être aussi pour certains le moyen de venir à bout de pensées obsédantes ou qui ne s'oralisent pas, cela peut permettre d'extérioriser des images, des lourdeurs, des souvenirs ou des fixations qui occupent la tête ou l'esprit et qui cherchent une porte de sortie. Prendre alors simplement un stylo aux côtés de quelqu'un qui instaure un climat de confiance et de libération, peut amener par le biais de l'écrit à exprimer ce qui ne parvenait pas à s'énoncer et qui tournait péniblement en boucle dans les méninges, Il s'agit alors de séances d'écriture individuelles, dont la finalité est la résolution ou l'allègement de problématiques personnelles, où l'acte d'écrire se fait connaissance de soi-même et renaissance aussi à soi-même.

Si vous voulez rejoindre un groupe d'écrivants ou recevoir un accompagnement individuel, vous pouvez écrire à l'adresse suivante, etsionecrivait@gmail.com. Vous pouvez également laisser un message sur ce blog en mentionnant votre mail ou numéro de téléphone, il sera communiqué.

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 16:01
La rose jaune à Arles

Créée l'an dernier au Festival d'Avignon dans une mise en scène de Jacques Connort, La rose jaune est reprise à Arles les 8 et 10 juillet à 19 h, Théâtre de la Calade-Grenier à sel, 80 rue de la Roquette, Arles - Réservations au 04 90 93 05 23

LE MASQUE ET LA PLUME : La rose jaune d'Isabelle Bournat, c'est le retour du lyrisme, du langage… Magnifique !

MARIANNE, JACK DION : Avec « La rose jaune », d’Isabelle Bournat,on sort du clair-obscur pour la lumière de la vie, de la liberté, de l’amour, de la beauté, de la musique, de la transe. La pièce, qui utilise la vidéo à bon escient, se clôturera par une communion collective de tous les acteurs, comme s’ils étaient envoûtés par la prière éthique qu’inspire le théâtre.

VAUCLUSE MATIN : Une des meilleures surprises du Off 2014. Un merveilleux texte interprété avec brio et des idées de mise en scène géniales.

POLITIS, GILLES COSTAZ : Voilà une auteure qui croit au lyrisme et à la passion, les associe à la pensée politique et ne craint pas le romanesque poétique. Un fort beau conte moderne.

Pièce parue aux Editions Les Cygnes.

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18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 20:14

 

          

 

Le jour se couche, la nuit se lève,

dans la relève des siècles et des rêves

pas un interstice, pas un brin de vide.

Le limpide ondoiement préside,

partout, toujours, coule la source sans pourtour.

Si même au feuillage tressaille le vent

et le désert abreuve le mirage,

si dans l'illusion d'une ligne l'horizon se prosterne,

si pour l'ombre l'arbre concède un détour

et si le soir se renouvelle d'une aube inabordable

pour les louanges que l'oiseau décerne,

comment épuiser l'émerveillement

pour celui qui n'est que passage ?

Autant vouloir désenclaver l'inachevable

que prétendre se rassasier de l'infaillible jaillissement.

 

 

Poème extrait du recueil « J’ai pris frères » édité à Encres Vives.

 

           *

 

Pour info : Représentations fin mars à Gembloux en Belgique de Résidence Beaurivage (éditions Les Cygnes). Des adolescents dans les rôles de pensionnaires de maison de retraite… Réjouissant ! Metteur en scène Fabienne Lenaerts.

 

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 10:10

La pièce radiophonique "Modèle de pulsion" est réécoutable autant que vous voulez en podcast sur France Inter :

http://www.franceinter.fr/emission-nuits-noires-modele-de-pulsion-et-l-apothicaire

Elle dure 20 mn, quand vous cliquez sur le lien vous la trouvez juste derrière "L'apothicaire" et elle a été réalisée par Michel Sidoroff. On y rencontre un peintre mégalo et démesuré qui n'est pas tendre envers ses modèles sous le prétexte de son génie créateur, ainsi qu'un médecin que le sang met dans tous ses états jouissifs...

Ecrite dans un esprit de caricature, cette fiction ironise sur les rapports de pouvoir et soumission et la perversité de ceux qui se sentent investis d'une toute-puissance envers les âmes ou les corps. Derrière la fiction, il est permis de s'interroger ; le génie ou la super-compétence justifient-ils des comportements dominateurs, abusant notamment de l'aveuglement féminin ?

- L'art, mes p'tites muses divines, l'art, c'est la médecine des âmes qui saignent, c'est une question de vie ou de mort... 

 

 

 

                                                              *************

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 11:40

Création de la pièce Dansons la farandole (publiée aux Editions Librairie Théâtrale)

Cette farce aux aspects futuristes est une caricature de la société. Ecrite en 2007, lors des premiers déclenchements de la crise, elle est créée en cette période meurtrière qui a frappé Charlie. Le théâtre peut aussi écrire à gros traits pour déclencher le rire, c’est le cas de cette satyre des mécanismes de pouvoir. Personnages grotesques, décideurs et citoyens manipulateurs et manipulés, mondialisation qui cadre et surveille... On danse, on se tient la main en farandole plutôt qu’en carmagnole et d’insidieuses puissances menacent. Le rire grinçant montre le réel par exagérations. Le journaliste de Télé Toulouse dit de cette pièce qu’elle est sarcastique et saignante. Tragique résonnance en ces jours. Le théâtre et la culture se doivent de faire parler et crier les esprits avant que la fureur anéantisse les corps et toute parole.

Théâtre de L’Escale à Tournefeuille-Toulouse, création par la Cie Idée en Bulles, affiche dansons vendredi 16 janvier 2015 à 20h30.

Mise en scène Delphine Icard, avec Marie-José Sirven-Maldonado, Marie-Françoise Bouche, Philippe Cavagné, Karine Richy, Christian Moretto, Véronique Labre, Josiane Coulange.  

http://mairie-tournefeuille.fr/db/tournefeuille.nsf/VFicCult?Open&Dansons_la_farandole_-

 

. Ecouter l'émission sur Télé Toulouse avec la Cie Idées en Bulle:

http://www.teletoulouse.fr/Mstr.php?lk=055785qspz6020

 Dansons la farandole

Pièce publiée aux Editions Librairie Théâtrale, prix 6 euros)

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 19:53

Extrait du Manifeste d'André Breton :

 

"Faites-vous apporter de quoi écrire, après vous être établi en un lieu aussi favorable que possible à la concentration de votre esprit sur lui-même. Placez-vous dans l'état le plus passif, ou réceptif, que vous pourrez. Faites abstraction de votre génie, de vos talents et de ceux de tous les autres. Dites-vous bien que la littérature est un des plus tristes chemins qui mènent à tout. Ecrivez vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas retenir et ne pas être tenté de vous relire. La première phrase viendra toute seule, tant il est vrai qu'à chaque seconde il est une phrase étrangère à notre pensée consciente qui ne demande qu'à s'extérioriser. Il est assez difficile de se prononcer sur le cas de la phrase suivante ; elle participe sans doute à la fois de notre activité consciente et de l'autre, si l'on admet que le fait d'avoir écrit la première entraîne un minimum de perception. Peu doit vous importer, d'ailleurs ; c'est en cela que réside, pour la plus grande part, l'intérêt du jeu surréaliste. Toujours est-il que la ponctuation s'oppose sans doute à la continuité absolue de la coulée qui nous occupe, bien qu'elle paraisse aussi nécessaire que la distribution des noeuds sur une corde vivante. Continuez autant qu'il vous plaira. Fiez-vous au caractère inépuisable du murmure. Si le silence menace de s'établir pour peu que vous ayez commis une faute : une faute, peut-on dire, d'inattention, rompez sans hésiter avec une ligne claire. A la suite du mot dont l'origine vous semble suspecte, posez une lettre quelconque, la lettre l, et ramenez l'arbitraire en imposant cette lettre pour initiale au mot qui suivra."

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 19:57

Vincent Macaigne s’empare de Dostoïevski, ça crie ça hurle, urgence en prise directe avec son temps, malaxage furieux d’un  monument de la littérature russe, manifeste et requiem, explosion scénographique, rage et innocence, chaos et bonté christique, du feu et du sang, pur désarroi, mélancolie tonitruante, débordement à grands coups de flots de bière et de larmes, tournis dévastateur et régénérant, décibels et amour à haute dose….C’est quoi ce monde où l’on vit ? Et ça veut dire quoi faire du théâtre aujourd’hui ?

 

 

Idiot ! Parce que nous aurions dû nous aimer de Vincent Macaigne, c’était au Théâtre de la Ville, c’est au Théâtre des Amandiers du 4 au 14 novembre, c’est l’intelligence de l’art qui vous aime… Et j’adore. 

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  • Théâtre et poésie, l'insurrection et la célébration, le verbe fervent et le presque-silence. Pour se relier aux autres et partager le Tout et le Rien.
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Citation préférée

"Si vous n'engagez pas votre vie,

jamais la vie ne vous appartiendra" : Schiller