Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 12:45

Interview de Isabelle Bournat, auteur de pièces de théâtre et "Artiste contempoète"

 

4 juillet 2013

 

Isabelle Bournat, auteur de pièces de théâtre et artiste contempoète comme elle l'écrit si joliment sur son blog, et que nous avons rencontrée à l'occasion du Festival de théâtre en Aparté à Saint-Raphaël, nous a fait l'honneur de répondre à nos questions.

LPE : Isabelle, pourriez-vous vous présenter ?

IB : J’écris essentiellement de la poésie et du théâtre, la première s’insérant dans le deuxième… Ce depuis longtemps, car même ce qui fut mon premier roman – La fille qui marchait dans la nuit - était en réalité une forme brève de facture poétique. « Journal d’un jeune homme égaré » puis récemment « J’ai pris frères » chez Encres Vives sont deux de mes recueils de poèmes. Côté théâtre, j’ai écrit deux pièces à base historique, La passion Richelieu et Chamfort, qui ont des points de résonnance avec le monde contemporain. Puis j’ai écritDépôt-vente, pièce qui parle de la place de l’humain dans le monde de la marchandisation, Résidence Beaurivage, comédie grinçante et tendre qui traite de la vieillesse en maison de retraite, la farce socio-politique Dansons la farandole, Homme inutile qui concerne le monde du travail. Ma dernière pièce s’intitule  Mercenaires et rédemption ; lue au théâtre du Rond-Point à Paris, elle vient de paraître aux Editions Les Cygnes. Elle parle de la traversée de la violence dans le champ intime et collectif, de la délivrance par l’amour, de la question de la responsabilité de chacun ; elle  s’apparente à un oratorio, avec une parole quasi-proférée. Parallèlement, j’aime que les arts se rencontrent et dans cette optique je travaille souvent avec des compositeurs, poésie et musique venant se croiser. Danse et Zone sidérale ont ainsi vu le jour,  4O trombones ont donné la réplique à une comédienne sur une musique de Sylvain Marchal, invitant à une festivité décalée.

LPE : Comment est né votre amour pour le théâtre ?

IB : Du chagrin de n’avoir pu me consacrer à la musique.


LPE : Quelle est votre philosophie de vie ?

IB : Ne pas en avoir par principe. La seule limitation décidée et voulue étant la prise en compte de mon prochain.

LPE : Pour vous, le théâtre est l'expression de... ? (Pourriez-vous compléter ?)

IB : D’un rapport tantôt ludique tantôt guerrier à la réalité. Une volonté de nous en soulager, la parfaire, nous en extraire, jouer avec, la mettre en joue, s’en délecter, s’en éloigner, s’y frotter, la creuser, la railler, en rire… Mes textes oscillent entre célébration et âpreté, louange et rudesse.

LPE : Si l'écriture avait une âme-sœur, quelle serait-elle ?

IB : Tous les arts sont frères.  En ce qui me concerne, je réalise également ce que j’appelle de l’art contempoème. Il  s’agit non pas de peintures, car je ne suis ni peintre ni dessinatrice, mais de couleurs et de mots que j’associe sur des toiles. La poésie se donne à lire et à voir en correspondance avec des teintes, dans un fondu qui tend à une sensation unique où syllabes et couleurs jaillissent ensemble.

LPE : Y a-t-il un point de convergence entre chacune de vos pièces ?

IB : Il y en a sûrement, je n’y réfléchis pas. Mais une convergence se dégage forcément, sans que cela soit voulu,  c’est ce qui fait l’unité de l’ensemble, le trait d’union. Ce n’est pas une question de thème ou de parti-pris, plutôt une question de tonalité. En ce qui me concerne, je crois que ce qui revient est la sortie du réalisme. Ça ne tient jamais tout à fait debout, ça tangue vers le lyrisme et ou ça swingue vers le cru. Le sens de la mesure m’échappe. J’ai besoin d’écrire pour me libérer de ce qu’on pourrait appeler les bonnes proportions de l’existence. Ce qui revient systématiquement dans ce que j’écris, c’est une portée vers l’espérance, l’amour, la foi en l’homme. Je ne peux pas terminer quoi que ce soit sans cette perspective finale, directe ou en filigrane, mais inséparable de ma nécessité d’écrire. Je lie toujours l’art et un désir profond de s’ancrer dans ce que l’homme a de  meilleur, même s’il passe par le pire.

LPE : Quels sont les thèmes que vous aimeriez aborder dans les prochaines ?

IB : Celui qui viendra de lui-même, qui s’imposera. Quand des mots ou une ambiance me brûlent les méninges et le bout des doigts, c’est qu’il faut passer à l’abordage.

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Isabelle Bournat, auteur.
commenter cet article

commentaires

Elie Pressmann 16/08/2013 20:05

Beaucoup de plaisir à te lire et bravo ton édition

  • : Isabelle Bournat
  • Isabelle Bournat
  • : Un aperçu de mes pièces de théâtre et autres écrits pour aller plus loin, lire et découvrir et partager...
  • Contact

Qui ? En Un Mot...

  • Isabelle Bournat, auteur.
  • Théâtre et poésie, l'insurrection et la célébration, le verbe fervent et le presque-silence. Pour se relier aux autres et partager le Tout et le Rien.
  • Théâtre et poésie, l'insurrection et la célébration, le verbe fervent et le presque-silence. Pour se relier aux autres et partager le Tout et le Rien.

Citation préférée

"Si vous n'engagez pas votre vie,

jamais la vie ne vous appartiendra" : Schiller